J’ai eu la surprise ce matin de découvrir une lettre dans la salle de bain… Une lettre de ma colocataire. Bien que je lui avais posé la question la semaine dernière, elle avait finalement quelque chose à me dire…
Je connais bien ce type de lettre. Une lettre dont tous les mots ont été pesés. Elle sait pertinemment bien que je n’ai pas commis de faute mais essaie de m’en faire porter le chapeau. Je suis très sympa, elle est très heureuse de vivre pendant 4 mois avec moi mais il y a quand même des choses qui ne vont pas.
Tout d’abord, elle pense que je la considère comme une petite fille. Je ne sais pas où elle est allée pêcher ça. Elle me reproche de me soucier trop d’elle. Quand je rentre et que je lui demande si elle a passé une bonne journée, si elle ne me répond pas, il ne faut pas que j’insiste. Soi-disant, quand elle n’a pas envie de parler, il ne faut pas que je la force. Et certainement le plus important, elle n’arrive pas à comprendre pourquoi elle ne peut pas utiliser l’ordinateur quand elle le veut. Elle n’admet pas que je pense que tchatter sur le net le dimanche ou m’occuper de mes cochons virtuels soit plus important à mes yeux que ses études. Elle semble oublier que ce PC est avant tout le mien. Que si je lui loue la moitié de mon appartement, l’ordinateur, l’Internet, le téléphone ou encore le vélo sont des bonus. Que rien ne m’obligeait à le faire !
Elle me réclame aussi une certaine intimité. Elle semble oublier que je lui ai laissé ma chambre et que si elle a besoin d’être seule, elle peut toujours aller s’isoler là. Chose que je ne peux pas faire de mon côté.
Je n’ai pas réagit à sa lettre tout de suite. Pas par envie… Mais par manque de temps. Je l’ai lu juste avant de partir au boulot. Je n’avais pas de temps pour écrire une réponse. Je voulais de toute façon le faire à tête reposée. Ce silence l’a surprise… A 10h00, j’ai reçu un texto. Elle me demandait la raison de mon silence. Je n’y ai pas répondu… Elle me disait qu’elle avait peur… Peur de quoi ? A cet instant, je ne le savais pas. J’avoue que ça m’a trotté l’esprit toute l’après-midi.
Elle m’attendait à mon retour. Elle m’a questionné. Ma seule réponse a été de lui demander comment elle aurait réagit si elle avait été à ma place. Pas de réponse… J’ai essayé de lui expliquer, de lui faire comprendre… Elle ne voulait rien entendre. Elle a pris le téléphone et est repartie dans sa chambre.
Quelques minutes plus tard, elle est revenue… Je pense qu’elle devait être désespérée… Elle avait pleuré… Elle m’a annoncé la raison de sa peur… Elle avait peur que je ne la mette dehors. Même si j’avoue que j’y ai pensé, il n’en aurait jamais été question. Même s’il y a un peu de tension pour le moment, elle reste une amie et je ne veux pas la mettre dans une situation périlleuse. On a rediscuté calmement… Je pense qu’elle a compris. Je vais aussi faire un peu plus de concessions. Même si je pense en avoir déjà fait pas mal.
Cette conversation nous a fait du bien. Je pense que les trois dernières semaines vont de nouveau être aussi bonnes que les deux premiers mois… Je l’espère en tout cas.
Allez, à bientôt.
Hugues.